Afin de bien généraliser, ce billet se fera sous
le signe du vouvoiement.
Ah...La navette Air France. Son nom est évocateur
d'aéroport, de voyage, de dépaysement, certes, mais
là n'est pas sa vraie vocation.
Pas plus que de transporter le quidam de Paris à son
aérogare...
Non, la vraie fonction de la navette Air France, c'est de
préparer le Flying Pig Shit (cf Glossaire) à son
voyage.
En effet, dès le moment de charger les bagages
arrivé, on comprend à qui l'on aura à faire:
le bagagiste, se prenant un court instant pour "The Undertaker",
décide de faire entrer, vaille que vaille, la valise dans la
soute, même si cela implique de lui faire la prise qui porte
son nom.
Ceci pourrait presque être drôle, si:
- il ne décidait pas d'enchaîner avec un saut
depuis le banc, pendant du fameux saut de la troisième
corde, et la prise du crocodile.
- la dite valise ne contenait ni votre ordinateur, ni vos
costards, ni des chocolats...
Ne vous inquiétez pas, votre valise est prête, et
il lui arrivera bien pire dès le check-in
passé.
Vos larmes essuyées, il est temps de monter. Passons
sur l'accueil, par trop dépendant des circonstances, et
interessons-nous au confort. Et là, c'est le drame... Enfin
non, plutôt une nouvelle préparation, physique
celle-là.
Etape 1: en voulant monter sur la marche, vous vous cognez la
tête.
Etape 2: Un peu groggy, vous vous avachissez sur votre
siège, et réalisez que deux excroissances vous
rentrent dans les reins. Ne gesticulez pas, ce n'est pas un
défaut du siège, mais les genoux de votre voisin de
derrière, qui n'en demande pas tant.
Etape 3: vous avez chaud / froid (marche dans les 2 sens): Peu
importe, l'aération ne change rien.
Etape 4: Votre compagnon momentané de voyage
s'installe. Vous réalisez que l'un de vous doit perdre 60 kg
pour que la largeur des sièges suffise. Hélas, aucun
de vous n'est prêt à perdre les 2/3 de sa masse
corporelle.
Etape 5: Sans doute sous l'effet du stress, un des voyageurs a
dû oublier de se laver depuis 15 jours. Vous réalisez
que 50 minutes, ca peut être long. C'est le moment que vous
choisissez pour rentrer de nouveau en contact avec Dieu ("Tiens,
j'avais toujours son numéro à celui-là ??")
pour passer un marché du genre: "Fais le voyager sur un
autre vol et je retourne à la messe..."
Etape 6: L'arrivée à l'aérogare; sous
pression (50 minutes d'apnée quand même...) vous
sortez au plus vite. Pressé, vous vous cognez de nouveau au
plafond, mais tant pis. Dehors, un autre bagagiste, croyant avoir
vu votre valise bouger toute seule, entreprend de l'assommer
à coups de lattes.
Etape 7: Lors du marché avec Dieu, vous n'y croyiez pas
vraiment, je me trompe ? Vous auriez dû. J'espère pour
vous qu'il ne voyagera pas, à vos côtés, en
direction de Hong Kong.